Ci-dessous deux articles parus lors de l'édition
de mon premier ouvrage sur la forêt de la Robertsau.

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160 pages, plus de 150 photos couleurs
 
format 23,5cm x 30,4 cm
couverture rigide, reliure cousue fil

Pour une commande chez l'éditeur

http://www.carreblanc.fr/collection_livres_nature-109.html ;

En vente à la Robertsau
Librairie "La Parenthèse", 63 rue Boecklin

ou via le site d'Alsace nature
http://alsace.nature.free.fr/catalog/product_info.php?currency=EUR&products_id=39&osCsid=d7a471360b739dcf1d62b7778d821187

Promenade-bonheur
Article paru dans l'Alsace le 4/12/1999

Une balade aux atours superbes, c'est à quoi invite « Forêt de la Robertsau - La nature à nos côtés », un album, semé de grandes photos, de Bernard Irrmann. Ce postier a découvert grâce à un ornithologue amateur, Edmond Friess, les éblouissements que peut receler une forêt périurbaine comme celle de la Robertsau. Bernard Irrmann, en accroissant sa connaissance du monde des oiseaux et de la forêt à l'instigation de son copain, a vu son intérêt pour le site et l'observation naturaliste se muer en passion. Edmond Friess est décédé en 1996 à 37 ans, et Bernard Irrmann, en hommage à ce compagnon de tant de balades, d'affûts (« on attend des heures, mais sans impatience : on ne s'ennuie pas, on est en communion avec la nature »), de chasses photographiques, a décidé de mener à terme le projet un temps envisagé par les deux amis d'un livre sur la forêt de la Robertsau. Le voici maintenant paru, qui rassemble des photos dont beaucoup magnifiques, prises par les deux amateurs de nature. C'est un chant somptueux qui lève de ces clichés, empreints d'une harmonie et d'une beauté souvent merveilleuses. Les photos font chanter des paysages (sans exclure la proximité des activités de l'homme), des coulées de lumière, des frondaisons, savent s'arrêter à une fleur, une grappe de fruits sauvages, un papillon... De belles scènes s'offrent ainsi, dans une mise en page soigneuse, et, accompagnées de documents naturalistes remarquables (ainsi ces deux martins-pêcheurs se passant un poisson), composent une promenade-bonheur.
D'autant qu'on y ressent ici ou là au détour des pages, un sens de l'atmosphère et du détail, un amour chaleureux pour la nature, un regard attentif, une volonté de partage, aussi. Tout un message que Bernard Irrmann retransmet en se faisant aussi le porte-parole d'Edmond Friess. « Il reste pour moi une force, une source d'enthousiasme », note-t-il en évoquant son copain disparu, devant sa famille et ses amis dont ceux de la Ligue de protection des oiseaux, lors de la présentation officielle de l'ouvrage. Les photos sont accompagnées de courts textes, « tirés de mes notes de terrain ; ce sont des textes d'émotion. Mais j'ai aussi mis un peu de pédagogie, car la nature est fragile, et d'autant plus en zone périurbaine -mais c'est cette proximité d'avec l'homme, cette possibilité de ressourcement qu'elle offre, qui m'intéressent-. Il faut aborder la nature avec humilité et respect. C'est aussi ce que j'ai voulu rappeler.»
J.B.

Feuilleter la forêt
Article paru dans Alsace Nature Infos
Il y a la promenade du dehors, celle qui ouvre les sens aux quatre vents, celle où l’on engouffre à plein poumons les couleurs des saisons, celle des doigts gourds pour avoir trop tardé sur les bords du Rhin gelé. Et il y a la promenade du dedans, celle du corps délaissé et de l’esprit qui danse au fil des lignes ou à l’angle des images, celle qui parcourt sous la couette des courses plus longues encore.
Et puis il y a la promenade tendue à mi-chemin, mi-avant, mi-après, souvenir fourbu recommencé ou préparation remise à plus tard. Le livre de Bernard Irrmann et Edmond Friess « Forêt de la Robertsau - La nature à nos côtés » est de ces maisons largement ouvertes. La page tourne et la légendaire forêt du Rhin se pelotonne dans votre fauteuil : l’ombre des clématites géantes colimaçonnées aux chênes séculaires glisse sur vos charentaises; au balcon les géraniums d’orgueil étirent leurs pétales pour moucher l’insolence des orchidées; la mésange à l’entrée du nichoir tient un instant la pose raide du martin-pêcheur; l’automne et le printemps tout mélangés se pressent au portillon; même le chat placide semble un rien plus trapu et farouche. La page tourne, et vous voilà naturaliste de salon, lecteur de nature.
D’impatience les godillots piaffent à la porte. L’envie de fouler la géante d’eau et de lianes qui s’avance à l’entrée de la ville renaît à chaque page. Ce que vous avez mille fois vu, vous ne l’avez jamais vraiment regardé. Et chaque photographie est comme un irrésistible appel: pourquoi n’y replongez-vous pas? Ce livre magnifique est plus que cent mille promenades. Et si l’heure a passé à le parcourir, demain certainement vous irez feuilleter la forêt.
Raynald Moratin